A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?
L’horaire de semaine, je me lève toujours à 7h30 quelque soit ce que j'ai à faire… Que j'ai du travail ou pas, parce que mon copain se lève à 7h30, donc je me lève avec lui, parce que j'adore prendre mon petit déjeuner avec lui... Donc tous les matins on se réveille avec une petite musique de son portable qui ressemble à la musique du début d'Harry Potter, j'adore cette musique, et ça nous sort de la nuit comme d'un petit rêve … C'est très lent, très doux, et j'aime beaucoup ça, voilà ! Alors les rituels, en fait, une fois que l'on est réveillés on se fait un gros câlin… on aime bien se réveiller... De toute façon on dort l'un contre l'autre, on est extrêmement serrés ! Très intime ce que je raconte, tant pis pour lui ! Et donc voilà, moi je suis très collant, et comme lui aussi, c'est parfait on est comme deux moules, on se réveille comme deux moules, et on continue comme ça, il n'y a pas de raison de s'arrêter parce que c'est le matin ! Puis, en général on met les infos sur la télé, la matinale de I-Télé … et ensuite on va prendre notre douche ensemble parce qu'on adore se doucher ensemble ! Alors je sais que c'est un peu cul-cul la praline mais on ne s'en lasse pas ! Il y a des choses comme ça… Ca fait 4 ans que l'on est ensemble, et c’est tous les matins comme ça… il n'y a pas un matin, d'abord, où on ne s'est pas réveillés ensemble, excepté les nuits de garde... Il y a quelques trucs comme ça dont je ne me lasse pas, c'est de me réveiller dans ses bras, c'est de prendre notre douche ensemble, de prendre notre petit-déjeuner et de faire mousser le café ! Pour mon anniversaire il y a deux ans, on m'a offert une machine Expresso et tous les matins je m'émerveille que mon café mousse. Je trouve ça hallucinant ! C'est con mais je ne m'en lasse pas !!!
Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?
Ce qui est certain, c'est que je ne me lève pas parce que je ne suis plus fatigué, parce que je suis un gros flémard, et que je me réveille toujours fatigué ! C'est pour ça que le week-end, en général, je me lève que lorsque j'ai envie de me réveiller. Je ne mets pas de réveil, si j'ai envie de me réveiller à 15 h00 ça sera 15 h00 de l'après midi ! Mais en semaine je me réveille parce que j'ai besoin de travailler. Travailler pour moi ce n'est pas forcément aller gagner de l'argent, ce n'est pas forcément aller là où j'ai ma fiche de salaire, c'est... c'est faire marcher mes neurones, et c'est vraiment ça qui me motive le matin. C'est-à-dire que même les jours de repos, j'ai besoin de me mettre devant mon ordinateur, de réfléchir, de faire marcher mes neurones le matin, donc je n'imagine pas de ne pas pouvoir me lever à cause de ça ! Et puis d'une manière un peu différente, moi, je dois avoir un gros problème avec la mort…Je me demande un peu ce qu'elle vient foutre là, et donc du coup, la vie peut sembler assez inutile puisqu'elle se finit par la mort ! Donc la journée je me lève pour essayer de capter du sens par rapport à cette vie… Et c'est ça en fait, faire marcher mes neurones, c'est essayer de trouver du sens. Donc je me lève, un peu comme un chasseur de papillons avec son épuisette pour aller capter du sens dans la journée, voilà c'est ça !
Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?
Alors il y a deux choses différentes pour moi : ce qui m'anime et ce vers quoi je vais. Ce qui m'anime c'est que du sens, j'en trouve. Si jamais je n'en trouvais pas, probablement qu'il y a un moment où je baisserais les bras, je serais désespéré…. Le sens, j'arrive à en trouver dans les rencontres que je fais au quotidien, dans les lectures, dans mon travail, dans les passe-temps également… ils donnent beaucoup de sens à la vie, et petit à petit, j'arrive presque à trouver un intérêt à quelque chose qui va pourtant se finir. Ca c'est une vrai question pour moi, ça sert à quoi de construire un château de sable, si la vague va l'emporter après ? C'est la question centrale dans mon histoire : Est ce que ça vaut le coup de construire ce château en sachant que la vague va passer ??? Si on avait un doute et qu'on se disait peut-être qu'elle ne passera pas, ça règlerait le problème, ça c'est le discours de la religion. C'est de dire, après tout il va peut-être y avoir un paradis, il y a une vie après la vie et la mort n'est peut-être pas inéluctable… Moi je ne suis pas croyant, je ne crois pas du tout à une vie après la vie, et donc je suis certain de l'inéluctabilité de cette mort. Mais Il faut vivre tout de même, et donc essayer de trouver un sens malgré cette mort inéluctable, et ça j’arrive à le trouver dans ce que je capte au long de mes journées… Et c'est pour ça que je suis assez jouisseur de mes journées : Rencontrer des gens, m'amuser, écouter ce qu'ils racontent… Tout ça ne semble pas très sérieux, et puis la vie au fond, n'est pas très sérieuse pour moi. Je ne comprends pas très bien pourquoi on se prend autant la tête au quotidien... voir même franchement la « terre » ! Je pense à ceux qui vont se mettre en guerre ou en conflit etc... Alors qu’à la fin on meurt tous !!! Pour moi, c'est la manière dont on profite des choses ici maintenant qui compte… ce n'est pas certain qu'il y ait un lendemain, qu’il soit heureux, malheureux etc... Tu n'en sais rien, pas même le soleil ! Donc autant s'ancrer dans le présent ! Ca n'empêche pas de faire des projections, des projets etc, ils sont même une jouissance du présent, qui vont après être réalisés au futur… Je suis un peu dans le fait de présent en permanence renouvelé… C'est-à-dire que l'idée de faire un projet a plus d'intérêt que le projet lui même finalement. Donc ça c'est un peu, j'allais dire, la carotte ! Et ce vers quoi je tends... et bien je n’aimerais pas arriver à la fin du match en me disant que je ne l'ai même pas joué, voilà, c'est un petit peu ça ce qui me tient ! Ce vers quoi je tends c'est vraiment de jouer ce match qu'est la vie, d'en profiter à fond, tranquillement. De "conscientiser" tout ça ... Il y a des moments plus ou moins heureux, des moments plus ou moins difficiles... mais même ça, j'aimerais pouvoir l'éprouver et en profiter, je n'aimerais pas subir la vie, en fait ! Donc ce vers quoi je tends c'est ça : c'est mourir mais essayer de bien mourir !
Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?
Il y a deux choses qui me maintiennent debout. Il y a ce qui me tire vers le haut et les béquilles qui me soutiennent. Et ce qui me tire vers le haut c'est ce projet de bien faire, de faire jouer… de jouir du jeu de mes neurones, voilà ! C'est con à dire mais le fait de rencontrer, de réfléchir, de changer d'opinion tout le temps, de me dire je ne suis pas du tout ancré dans une opinion définitive etc…ça me tire assez vers le haut. En revanche, j'ai des vraies béquilles... carrément c'est mon copain ! Ca il n'y a aucun doute. Une grosse part du sens que je mets à cette vie, c'est mon copain. Il y a un intérêt à vivre parce que je l'ai lui, parce que je peux partager des choses avec lui, et que probablement si je ne l'avais pas, il faudrait l'inventer ! Je le chercherais en tout cas....et je n'imagine pas de vivre tout ça tout seul. C'est un peu une condition au sens. Seul, je pense que j'aurais beaucoup plus de mal à construire mon château, justement… et je trouverais ça ennuyeux !
Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?
L’impuissance pour un sexologue, c'est dramatique ! (Rires) C'est drôle parce qu’avant de répondre à ta question… je passe mon temps à écouter des couples et je n’arrête pas de leur dire, qu'en fait, l'impuissance on s'en fout ! Qu’un rapport sexuel n'est pas conditionné par la possibilité d'avoir une érection justement, que c'est bien autre chose qu'une érection, et qu’à la limite on n'a pas besoin de ça pour se rencontrer, pour s'amuser, pour jouir, et c'est assez vrai pour la vie ! C'est-à-dire, que l’on n'a pas besoin d'érection, ni d'être debout pour profiter, s'amuser etc... Ceci dit, si on m'enlève ma béquille, c'est-à-dire si on m'enlève mon copain, probablement que là je m'écroule ! C'est presque ennuyeux de dire ça, je veux dire, que ça met une pression sur lui qu'il n'a pas demandée, qu'il ne veut peut-être pas probablement… Et d'un autre côté, clairement, sans lui ça manque beaucoup d'intérêt. Et je suis certain que de me lever le matin si je ne suis pas dans ses bras, quand je suis en congrès, par exemple, pour moi, c'est chiant ! C'est pas agréable pour moi. ..Il y a quelque chose de l'ordre du manque ou de l'addiction, c'est sûr que l'on est un peu fusionnels l'un et l'autre, peut-être que c'est pathologique etc… que ce n'est peut- être pas une bonne parole de Docteur… mais la pathologie, moi, ça me va bien et on n’est pas toujours obligé de tout guérir. Moi, mon idée c'est que la pathologie est un élément culturel. Donc ce qui est important, c'est : Est-ce qu'on en souffre ou est-ce qu'on n’en souffre pas ? En l'occurrence, nous, notre mode de relations ne nous fait pas souffrir, donc il n'y a pas de raison de le modifier. Moi je suis médecin, les gens viennent me voir parce qu'ils souffrent, donc on va essayer de travailler sur cette souffrance pour faire en sorte qu'elle soit moins présente, et qu’ils puissent la dépasser. Mais après tout, si cette fusion qu'ils décrivent n'est pas source de souffrance je ne vois pas pourquoi il faudrait absolument la modifier ! Moi je suis assez contre le modèle unique du couple où il faudrait que chacun vive selon certains concepts ou normes etc… Il faut que chaque couple ait une espèce d'histoire renouvelée et puis voilà c'est tout !
Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?
Si j'avais un voeu... Je vais dire un truc horrible, mourir avant mon copain. L'idée de lui survivre m'est insupportable ! Alors probablement que c'est pathologique, parce que ça pourrait devenir une souffrance, et c'est affreusement égoïste parce que c'est dégueulasse pour lui, qui probablement aimerait mourir avant, mais voilà puisque j'ai droit à mon vœu, après tout, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas égoïste sur ce vœu là, et je pense que c'est ce que je demanderai… Un peu gore comme fin je suis désolé ! (Eclat de rire)