October 09, 2006

GIRARD CHRISTOPHE. DIRECTEUR DE LA STRATEGIE de la branche luxe du groupe LVMH et MANDAT D'ELU auprès de Bertrand Delanoé, ADJOINT en charge de la culture. 50 ans.

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UN GRAND BRAVO POUR CHRISTOPHE GIRARD, INVENTEUR INITIATEUR DE LA FAMEUSE « NUIT BLANCHE » DEVENU UN RENDEZ VOUS INTIME DE LA VIE PARISIENNE EXPORTé A L’ETRANGER DE RIGA à TORONTO, MADRID ou ROME…CHAPEAU BAS !

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Je me lève à 5h55 précisément avec un radio-réveil, comme ça je suis sûr d'être réveillé pour entendre les informations ! Etre réveillé à 6h pile par les titres des journaux fait que le cerveau ne les entend pas, et ne les enregistre pas, tandis qu'à 55, je me prépare à entendre. Je veux être attentif, et ces 5 minutes sont absolument cruciales ! Ce sont les 5 minutes où je vois dans quel état je suis. Si je suis bien, si j'ai bien dormi, si j'ai beaucoup rêvé ou peu rêvé, si je me souviens de mes rêves ou pas, si j'ai collé des tas de post-it autour de mon lit, sur mon oreiller ou sur ma table de chevet, ou sur le téléphone dans la nuit... si j'ai eu une idée ou une phrase pour le bouquin sur lequel je suis en train de travailler actuellement. Ce sont les 5 minutes cruciales où je vois si je vais être une personne agréable ou tendue ! 5 minutes qui vont me permettre de corriger mon caractère. D'abord, j'écoute France Inter et puis je vais tout de suite sur Euronews et CNN parfois BBC World et parfois un peu de télévision LCI et Itélé. Je veux avoir les nouvelles internationales très vite car mon métier chez LVMH est de travailler avec le monde entier C'est le premier geste. Ensuite petit déjeuner copieux. Beaucoup disent qu'ils doivent d'abord prendre leur douche ou leur bain avant de prendre le petit déjeuner, moi c'est le contraire. il faut d'abord que mon corps se réveille avec un thé, je prends en général un Earl grey ou bien un lapsang souchong, un thé fumé chinois que j'aime beaucoup, du pain grillé, un yaourt et un jus de fruit pressé. Cela m'oblige à faire des gestes déjà un peu manuels le matin. Après il y a la douche, le rasage, qui est la chose la plus atroce ! C'est atroce d'avoir à se blesser la peau, devoir couper son visage dès le matin alors que la nature nous a donné des poils qui poussent sur le visage ! On devrait pouvoir les garder mais bon... cela ne me va pas, donc je les enlève! J'écoute un peu de musique aussi.... Là par exemple, je viens d'avoir le cd de Elodie FREGET, une jeune chanteuse française qui chante des chansons écrites et composées par Benjamin BIOLAY. Cela m'intéresse d'entendre les nouveaux talents. Je peux écouter aussi un air d'opéra ou bien un morceau de musique classique, en général c'est Schubert et Mozart le matin qui m'accompagnent le mieux pour me mettre droit sur mes jambes et dans mes chaussures ! Et lorsque j'ai du courage, après avoir bougé mon corps, je fais quelques pompes et quelques abdos mais pas tous les jours. Il y a des jours où je suis un peu en retard parce que j'ai regardé les informations trop longtemps, si par exemple il y a un événement particulier comme le conflit entre Israël et le Liban, c'est vrai que là, je restais plus longtemps devant les informations et j'essayais d'avoir des informations différentes pour me faire une opinion plus juste entre CNN d'un côté, Euronews de l'autre, les chaînes françaises et BBC World. Comme les positions politiques sont différentes cela me permet ensuite de me faire ma propre opinion. Je ne peux pas vivre sans informations. Après je prends le bus pour aller à mon bureau, là je lis les journaux, il est en général 7h moins le quart lorsque j'arrive si j'ai eu le premier bus à 6h30. C'est un moment de délice pour moi de lire les journaux....

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

D'abord l'envie de vivre! Chaque soir quand je m'endors, je regrette qu'on ait à dormir et besoin de sommeil. C'est une perte de temps, c'est terrible, mais c'est comme ça! Une bonne nuit de sommeil fait que le jour est vécu de façon voluptueuse et délicieuse. Le désir de bouger, de voir la lumière, de sentir la ville qui s'éveille aussi... Les bruits, les métiers, les gens qui rentrent, qui ont travaillé la nuit, cette espèce de croisement entre ceux qui rentrent et ceux qui partent. C'est un peu comme la mise en place d'une pièce de théâtre ! Les machinistes sont au travail, les acteurs commencent à répéter. Moi dans mon cas, je pense toujours à la vie au Japon, à la Corée, à la Chine, les gens qui sont au travail depuis bien longtemps puisqu'il y a entre 6 et 8h de décalage avec les pays de cette région... donc je pense à ces pays-là qui ont déjà travaillé et qui ont comme de l'avance sur nous si je puis dire... Donc j'ai envie de les rattraper. Je vois vraiment ça comme ça... chaque matin c'est différent... donc je suis assez impatient de voir quelle scène on tourne!

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

rencontrer soit des gens que je connais, pour se dire ou entendre des choses nouvelles, soit des gens nouveaux. Ca c'est peut-être la partie la plus exaltante: les nouvelles rencontres. Il y a des gens qui cherchent la solitude dans la journée, moi je cherche la rencontre. C'est sans doute ça, le moteur, la carotte. Les rencontres, les échanges, les nouvelles, ce que je vais apprendre.

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Les bonnes nouvelles. Un conflit qui s'arrête, des prisonniers, des otages qui sont libérés. Un beau jour serait par exemple qu'Ingrid Betancourt et son assistante soient libérées. Ce serait un bonheur immense ! Chaque fois qu'un otage est libéré, chaque fois que quelqu'un qui a été retenu contre son gré a été libéré, c'est une bonne nouvelle ! J'en ai un peu marre des télévisions qui montrent des anecdotes et qui commencent les nouvelles par des faits divers. Il y a tous les jours des accidents et des choses tristes. On ne peut pas commencer les nouvelles par ça. On doit commencer les nouvelles par des choses sérieuses, importantes, pas par des choses qui vous angoissent et vous excitent de façon superficielle. Donc moi ce sont les bonnes nouvelles... qu'il y ait moins de chômage, moins de gens dans la rue... ou qu'un scientifique ait découvert un médicament ou une nouvelle planète, c'est ça plutôt les bonnes nouvelles !!!

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

Le matin rue Beaubourg, je vois le long du centre Pompidou des personnes qui dorment sous les tentes. Je vois le monde à deux vitesses, là tout de suite... Je sors de chez moi où je suis bien et ils sont là... Je reçois beaucoup de jeunes des banlieues qui recherchent du travail, qui sont très volontaires et inventifs et j'ai un sentiment d'impuissance quand je n'arrive pas à leur trouver un travail. Heureusement, sur les centaines que je reçois par an, j'arrive à peut-être en aider concrètement 10%. Ils arrivent à trouver un travail par mon biais, mais pour le reste, c'est de l'impuissance. Il y a aussi l'impuissance devant les images de guerre, devant les images de famine, des épidémies, devant la pauvreté dans le monde, devant la violence, devant aussi la montée du religieux. Il y a un sentiment d'impuissance parce qu'il y a un sentiment d'irrationnel et un sentiment de peur aussi.

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Qu'il n'y ait plus jamais un seul enfant sans un papa ou une maman. Qu'un enfant ne soit jamais abandonné, qu'un enfant ait vraiment le droit d'avoir des parents... qu'un enfant qui est là, qui n'a rien demandé, qui est comme une fleur qui pousse toute seule sur la terre, ne soit jamais abandonné. C'est insoutenable ! Et qu'on puisse vraiment adopter beaucoup plus facilement.

September 24, 2006

HENRY JEAN LOUIS - J'ECRIS DES CHANSONS ET JE FAIS LE CON ! - 57 ANS

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Pas de métier, je fais le con toute la journée. J'ai fait de la peinture pendant 20 ans, j'ai bien gagné ma vie après je suis allé dans les Cévennes, j'ai joué à Robinson Crusoé pendant 13 ans. Je sais tout faire dans la vie moi. (A trois ans de la retraite! Mais j'ai jamais travaillé!)

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Je dors dehors, je me lève à 6h le matin à peu près. Je dors sur un banc là derrière. Il y avait du monde hier soir c'était rigolo, les gens s'engueulaient, moi je dormais à côté derrière... Je me lève, je me promène un peu et puis j'attends que ça se passe, parce qu'à 6h y'a pas grand monde ! Je n'ai pas de rituel, je fais les choses comme ça vient. J'écris énormément, à l'envers! L'univers à l'envers ça veut "c'est revinu", et l'envers à l'envers c'est "le rêve né", c'est merveilleux!

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

Parce que je ne dors pas! Je me lève parce que je m'ennuie. Le soir c'est pareil, je m'endors parce que je m'endors! Je n'aime pas trop faire le con le soir, c'est fait pour dormir quand il fait nuit. Le matin, il fait jour alors je me lève.

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Je n'ai pas de carotte moi. Je trouve que la vie est jolie. J'aime Eve. Je ne crois pas en Dieu parce que Dieu à l'envers ça veut dire "Eu de l'idée". Les gens pensent à Dieu parce qu'ils ont peur de la vie. Un enfant il ne croit en rien. Moi j'aime bien les princesses et tout ça, j'ai trouvé Eve. J'ai trouvé une petite femme qui a 24 ans et qui est une Ona, c'est une indienne de Patagonie, une vraie en plus, elle est jolie. Je l'ai sur un dessin de 1940 je crois. C'est exactement elle, elle est gentille cette fille. J'aimerais bien l'aider parce qu'elle boit comme un trou! C'est gens on les a tous tué avec ça parce que les primitifs ne savaient pas ce que c'était que l'alcool. Elle a fait des comas éthyliques. Et puis j'aimerais bien lui faire des bébés. J'en ai fait 2 à la première, 4 à la deuxième et il m'en faut encore 3 autres enfants. Je n'avance pas moi, je tourne en rond. Dans l'eau d'ici pas dans l'au-delà! On n’avance jamais dans la vie. C'est la vie qui m'enthousiasme. Je vois des gens qui sont amusants, je vais parler avec eux, je vais parler aux chiens, aux pigeons à n'importe quoi, je trouve que la vie est belle. La vie c'est rien du tout. L'avenir on le fait en vivant. Il faut s'amuser avec la vie. Je trouve que c'est rigolo. Les gens vont au cinéma. Ils n'ont pas de rêves. Moi je vis mes rêves à moi, je m'en fous du cinéma. Mon rêve c'est Eve. C'est pour ça que je voudrais voir les gens de Canal + parce que je voudrais bien leur montrer ma vie rigolote, avec mes trois premières femmes et mes enfants et puis la quatrième qui est belle comme tout et puis je voudrais bien montrer mon copain Mimi aussi. Toute ma vie je peux la raconter à l'envers: mon nom, tout ce que j'ai vécu, à l'envers. Je suis très très vrai comme type. J'aime bien la vie, ça se voit! Je me marre toute la journée et j'ai pas un radis en plus! Je suis passé à Montpellier j'ai vécu pendant 10 mois avec 20 centimes par jour. Juste pour aller me laver à La Croix Rouge. Si on me donne à manger ça va, je ne bois pas, je ne fume pas, je n'ai pas besoin d'argent. La vie est gratos ! Les gens se promènent avec leurs trucs, leur bazar, leur portable, et ils s'emmerdent! Les portables c'est "el ba tro" à l'envers, et mobile ça fait "li bom", Les portables c'est pas bien parce qu'on n'a rien à se dire: "Où est-ce que tu es? Qu'est-ce que tu fais?" Il y a des gens qui sont jaloux, ils passent leur temps à ça. Je suis content parce que je suis pénard. Je me suis toujours occupé de mes enfants, mes femmes me trouvent trop gosse. Un jour je vais gagner plein d'argent avec mes chansons. J'achèterai un endroit pour montrer aux gens comment vivre! Un endroit où tu fais les choses en t'amusant! Aujourd’hui on invente que des trucs marrants et les gens sont pas rigolos c'est drôle! Je trouve que tout est amusant! Je sais tout faire! Ce n'est pas difficile de faire les choses, mais les gens maintenant, ils sont tous spectateurs. On est riche de ce que l'on donne, et on est pauvre de ce que l'on reçoit. La vie est à l'envers de ce que l'on nous montre, c'est ça le problème! Les gens ne sont pas beaucoup artistes. La plupart regarde les choses, écoutent les gens chanter, mais pourquoi est-ce qu'ils ne chantent pas eux? Ce n'est pas difficile!

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Rien. Je suis déjà mort une fois avec mon truc de cerveau. Je suis curieux de savoir où ça va toutes ces choses là. Parce que comme tout le monde va à l'envers ça va péter dans pas longtemps. Dans nos pays, il n'y aura bientôt plus de fric, et les gens vont se foutrent en l'air. Dans les années trente c'était la même chose! Aux Etats Unis, les mecs quand ils n'ont plus de ronds, ils se foutent en l'air. Maintenant il n'y a personne qui sait vivre. Moi je n'ai pas de ronds, il faudrait que les gens me donnent des ronds pour que je leur remontre comment il faut faire.

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

Je ne sais pas. Il m'est tout arrivé dans la vie alors... A part que je ne puisse pas parler...Ça j'en ai ras le bol, mais sinon ça va. On est bien là, on est peinard, qu'est-ce que tu veux de plus? Dans la vie, il faut vivre le temps qui passe. Hier je me suis marré avec des gens, ils étaient gentils comme tout… J'ai parfois de la lassitude parce que les gens sont fatigants, ils sont toujours en train de fumer, de boire et ils ne se parlent pas beaucoup. Je ne sais pas ce que c'est que la tristesse. Parfois j'en ai eu un peu marre, quand j'ai eu mon truc dans la tête, c'était difficile à vivre, je ne pouvais plus parler pendant 6 mois, et j'adore parler! J'aime bien parler aux gens que je ne connais pas parce qu'on raconte toujours la même chose à ceux qu'on connaît! L'attachement c'est ça.

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Mais t'es une fée! Ce serait que je vois les gens de Canal + ! Ca me plairait bien! Ces gens-là ils m'aiment bien en plus, ils venaient toujours me voir il y a 10 ans.. Si les gens de Canal + venaient je leur chanteraient des chansons, pour faire le con avec les gens des Guignols. Je leur ferais des chansons à l'envers! Sarko à l'envers, ça veut dire "ok je rase", c'est le chef de l'UMP et à l'envers c'est PMU! Je suis un mec à l'envers! Léonard de Vinci écrivait à l'envers parait-il. Mozart aussi. Il y a des gens qui sont à l'envers parce que ceux qui sont à l'endroit sont pas rigolos! La mort, la vie c'est la même chose, c'est la même médaille, il faut rigoler. Les gens ont peur de tout maintenant. Ils ont raison: ils mangent de la merde, à la télé on leur montre des choses tristes alors qu'il y a quand même autre chose ! Je suis un vrai gamin, c'est ça qui me tient. Les gosses sont plus forts que nous. Quand il y a de l'eau parterre, ils marchent toujours dedans, les parents ils gueulent, mais l'eau c'est la vie! Les gosses il faut les laisser faire! Mes enfants ils font tout ce qu'ils veulent dans la vie. Les enfants il faut qu'ils vivent leur vie. J'aimerais bien gagner de l'argent pour mes enfants et un peu pour moi aussi. Etre pauvre c'est une expérience. Il faut faire les expériences dans le bon ordre. Il faut commencer par être pauvre. On est mort puis vivant. A la naissance on ne sait rien faire, les gens qui ne veulent pas apprendre, qui ne veulent pas se donner du mal, ils sont mauvais! Etre pauvre c'est bien parce qu'on voit les gens comme ils sont. Les gens m'aiment bien même si je suis pauvre, mais je ne suis pas cloche. Je ne bois pas, je ne fume pas. Il y a beaucoup de jeunes de 16, 17 ans qui se foutent en l'air en buvant des saloperies. Ils sont gentils comme tout, c'est dommage mais ils ne comprennent rien à la vie…

September 18, 2006

SIRON MURIEL - MON METIER EST UNE PASSION : ASTRO NUMEROLOGUE - AGE INTEMPOREL

Au cas où ... Le numéro de téléphone de Muriel est le 01 46 03 58 92

Muriel_siron

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Il y a la semaine et il y a le week-end. La semaine, je n'ai pas le choix: 7h du mat parce que j'ai un petit garçon qui a 10 ans. Il y a l'école, il y a la vie…Le week-end il y a relâche, donc c'est au feeling ! En général c'est quand même assez tôt: autour de 9h. Je me programme toujours la veille pour la journée du lendemain. Quand c'est la semaine, je me programme par rapport aux gens que je vais recevoir en consultation, pour essayer d'être la plus clairvoyante possible pour les guider. J'essaie de me programmer aussi pour avoir une espèce de paix intérieure et de joie de vivre... J'aime bien dormir la nuit et travailler sur mon inconscient pour régler tout ce qu'il y a à régler. Donc du coup, je me réveille depuis très longtemps en étant contente et en ayant envie ! Il est très important pour moi de prendre mon temps, de ne surtout pas être stressée au réveil, de prendre un petit dej au lit, de traîner aussi et d'être bien… J'essaie d'être en week-end même la semaine. C'est une philosophie de vie au quotidien parce que j'adore être heureuse au quotidien pour pouvoir contaminer les autres. Sinon je trouve que cela n'a pas d'intérêt, c'est comme quand vous vous réveillez le matin et qu'il ne fait pas beau, pour moi j'ai le devoir d'aller bien et qu'il y ait du soleil dans ma tête !

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

D'abord Jean Claude mon amoureux, et Léo, mon fils... oui parce qu'il est là, et que si je ne me levais pas, il me lèverait ! Quand on a des enfants les choses sont différentes. Je me lève parce que j'ai envie, parce que la vie est mon moteur, et que j'ai toujours plein de choses à faire ! Je me lève vraiment avec cette idée d'avoir envie de faire les choses avec beaucoup d'enthousiasme… J'ai toujours plein de gens à voir et comme j'essaie d'avoir une vie équilibrée entre ma vie professionnelle qui est plutôt une passion, et ma vie privée, mon petit garçon, j'essaie d'être cohérente entre ce que j'essaie de partager avec les gens que je reçois, et ma propre vie. C'est à dire que mes journées commencent à 9h et sont non-stop en général jusqu'à 4h, parce que jusqu'à maintenant, j'ai toujours été à 4h à la sortie de l'école. J'ai une vie différente des gens tout étant très comme tout le monde. Pour moi c'est un vrai équilibre de pouvoir vivre sur une autre dimension, puisque j'ai une espèce de distance sur la vie des gens… mais en même temps j'ai une vie qui est très réglée, finalement, par rapport à mon fils pour l'instant… Après on verra ! Je me lève pour la vie, pour lui, pour l'enthousiasme, pour les gens que je reçois, pour plein de choses !!!

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Je crois que c'est l'amour, c'est la vie. C'est l'amour de la vie ! C'est de voir des gens que j'aime. Je parle autant au quotidien, en consultation, que de gens proches. Je pense aussi que ma carotte, c'est d'évoluer, d'apprendre, de considérer que la vie ce n'est pas grandir et vieillir, mais c'est grandir toujours, jusqu'au bout, jusqu'à la fin. J'ai vraiment cette idée que nous sommes de passage sur terre, que la vie est éphémère, et qu'il faut réussir ce passage au mieux. La carotte c'est être consciente du temps qui passe mais sur un autre plan, et essayer de réussir ma vie au quotidien au mieux… Etre heureuse au réveil, maintenant, après, avec la personne qui va venir...

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

La force. C'est croire en ce que je fais. C'est d'avoir de l'énergie, un enfant c'est génial, parce qu'il donne vraiment la pêche! Je crois que je suis une passionnée et je pense que si je tiens debout comme ça c'est parce que j'ai réussi à faire ce que je suis, et à être ce que je fais, professionnellement en tout cas, et faire en sorte que ma vie privée, quotidienne, soit à l'image de ce que j'essaie de véhiculer. Ça s'appelle être congruent. Je suis ce que je fais, je fais ce que je suis.. C'est la passion, c'est vibrer. Pour moi ce qui me tient debout, c'est l'idée que chaque jour est une fête. Avoir une vie quotidienne très normale qui soit extraordinaire, je trouve que c'est ça la vraie spiritualité. C'est être dans un monde très"branché", avec des gens qui courent partout tout en restant serein et bien, aller bien dans sa tête, dans son corps et contaminer les autres. Oui, je veux les contaminer ! Quand j'ai des copains qui viennent et qui ne sont pas bien, qui sont un peu dans la nuit… pouvoir les éclairer avec mes outils tout en le faisant par passion, par amour et non par devoir, j'adore! Plus je pourrais le faire longtemps, et mieux ce sera ! La retraite cela n'existera pas tant que l'énergie sera là !

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

La méchanceté. Ca c'est un truc qui me rend dingue. La méchanceté gratuite. La violence aussi par rapport aux enfants, ça je ne peux pas, c'est vraiment quelque chose qui me touche terriblement. Il ne faut pas que j'en parle parce que cela me fait trop de peine et ça me fait réagir. Face à la méchanceté, je ne peux plus avancer. Ça me rend impuissante. C'est tirer sur une ambulance, tirer sur quelqu'un qui ne va pas bien. Je l'ai connu, je l'ai rencontré…

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

J'aimerais bien être une nouvelle forme de sorcière bien-aimée! Mais je ne veux pas être son clone… J'aimerais pouvoir voyager à la vitesse de la lumière où le temps n'existe pas et aller visiter partout dans le monde des gens comme des chamanes, un Dalaï-lama, des guérisseurs dans la brousse, un ermite… des gens qui sont différents, connectés évidemment ! J'aimerais aussi aller dans le monde de l'au-delà pour discuter avec des gens disparus, proches ou pas, des guides… discuter comme nous sommes toutes les deux là. Les voir, parler, leur demander leur avis sur plein de choses, et pouvoir revenir ici dans une vie normale et ordinaire qui soit extraordinaire. Ce serait un voeu qui me plairait bien et si j'étais ma sorcière bien-aimée, en recevant des gens un peu malheureux ou démunis, j'aimerais pouvoir claquer des doigts et essayer de les aider, de leur donner un coup de pouce pour régler leur problème ,mais sans leur donner toutes les solutions parce que cela permet d'évoluer et de se débrouiller un peu tout seul. C'est ce que je ferais!

September 11, 2006

KEENAN CAROL - STUDENT IN ENTERTAINMENT & TOURISM in L.A - 18 YEARS OLD

SEMAINE ANGLO SAXONNE - PRATICE ENGLISH INVITATION !!!

K_carrol

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Normaly I get up around 8 o'clock, my alarm wakes me up. I eat breakfast, take a shower and if I don't have any work or school then I'll call some friends and we will hang out going, to the city or to the stores

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

So I can work. Pretty much so I can work, make money, support myself and have fun. That's pretty much why I get up.

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

My goal is just to be successful. I mean have a good life, a good family, be able to support them and enjoy what I am doing to support myself. Enjoy my work and my job. It's pretty much my life goal. That's not too complicated!

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

My friends, my family, the things I love, my hobbies and my interests. Like music, art a lot. Just hanging out with friends and have a good time, and my family as well. That's what keeps me standing.

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

Failing. Like if I have a class and I do poor things in it, like if I am not successful at things, or a family problem, like death.

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

The wish is that my family will always be taking care of, always being able to support them, always be happy. That's probably my one wish.

September 04, 2006

BERCHOT WLADIMIR - ETUDIANT EN FAC D' ECO - 19 ANS

BONNE RENTREE A TOUS !!!!!

Wladimir_berchot

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

En période scolaire vers 7h parce que j'ai des obligations… mais pas aujourd’hui, jour de la rentrée ! Pour la première fois, je ne suis plus lycéen ! Le matin, maintenant, j'essaie d'être plus dynamique... Normalement j'ai le réveil qui sonne, je reporte un peu de 5 minutes, régulièrement, voire 10, jusqu'à être totalement obligé de se lever ! Il y a des jours où j'ai vraiment du mal à ouvrir les yeux mais après avec une bonne douche en général ça va tout seul ! C'est plutôt en fin de journée après que c'est difficile !

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

Il y a encore quelques années, c'était parce que j'étais plutôt content d'aller au lycée, mais depuis un an ou deux, c'était plutôt parce qu'il FALLAIT que je me lève ! Il y avait des matins où je ne me levais carrément pas, je faisais plutôt la grasse mat jusqu'à 10h. Maintenant, en tant qu’étudiant, je vais enfin pouvoir faire ce que je veux. Je pense que je vais me lever parce que je vais faire quelque chose dans la journée qui va me plaire, et donc, a priori, je vais faire quelque chose qui me permet d'avancer vers quelque chose de concret. Je vais donc me lever avec plaisir !!! En période de vacances, si j'ai envie de me lever, encore maintenant, c'est que je me suis rendu compte que, profiter d'une journée entière était plus agréable que de profiter d'une fin d'après-midi et un début de soirée… maintenant que c'est une habitude, j'espère que j'aurais toujours plaisir à le faire suffisamment longtemps pour me lever tôt et profiter d'une journée ! De toute façon comme on nous dit que "l'avenir appartient à ceux qui se lève tôt", à force de l'entendre dire on finit par le croire un peu!

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Il y a plusieurs carottes ! Déjà sur un plan professionnel, je sais ce que je veux faire, et l'avantage c'est que c'est en même temps une passion. Si déjà je pouvais vivre d'un métier qui me passionne, et en même temps en faire vivre ma famille, ça j'aimerais bien ! Pour moi, c'est ma carotte. J'aimerais faire de la gestion de production d'événements musicaux: tout ce qui est festival de musique, production d'artistes indépendants - pas de comédie musicale - c'est pas ce que j'aime… Et si derrière ça, je pouvais fonder une famille, j'en serais très content ! C'est ma carotte. Pouvoir vivre d’une passion, ce qui n'est pas toujours facile par les temps qui courent !

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Je n'ai pas trouvé de raisons de ne pas être debout donc... et je ne trouve pas de raisons de ne pas avancer non plus ! Il m'est arrivé aussi d'avoir le soutien d’amis dans les situations difficiles… Donc il y a les amis et après il y a l'envie d'avancer. On avance plus rapidement debout qu'assis de toute façon ! Et puis être debout cela permet de voir autre chose que lorsqu'on est dans son fauteuil ! A la fois il n'y a rien qui m'empêche d'être debout et à la fois j'ai toujours envie de faire plein de choses… J'ai plein de projets, donc c'est vrai que je ne peux pas ne pas être debout !

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

C'est peut-être parfois de croire en des gens, de croire en des choses, d'avoir fait confiance et d'avoir cru pouvoir faire des choses avec, et en même temps derrière, c'est la déception. De se faire un peu manipuler, tromper parfois… effectivement cela fout un coup. On se rend compte qu'on ne peut pas y faire grand chose malgré tout, que les gens sont comme ils sont, même si les apparences sont parfois trompeuses. Ce qui me coupe les jambes, c’est aussi de vouloir faire quelque chose, et à un moment, de se rendre compte que l'on est tout seul à y croire ! C'est un dur retour à la réalité, même si sur le moment on a pensé que c'était une réalité vécue à 2 sur le plan sentimental. Maintenant, c'est aussi comme ça qu'on prend de la bouteille, parait-il… et puis il y a des erreurs qu'on ne fait pas deux fois !

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Pouvoir me réaliser sur le plan professionnel et affectif… avec une famille fondée et en même temps un boulot qui me plaise… avec quelqu’un qui partagera peut être ce que je fais … donc on va dire un foyer actif et en même temps une réalisation professionnelle…et j’aimerais terminer sur une phrase que j’aime bien que j’ai entendu il n’y a pas très longtemps... quelqu’un qui avait dit à une autre personne qui jugeait ses ambitions… au début quand on est petit on veut être astronaute, à l’adolescence on se rend compte que cela n’est pas évident, et à l’âge adulte on revient à la réalité.. Et moi j’adore la réponse d’une autre personne qui lui disait : Finalement le problème si tout le monde revenait à la réalité, et bien il n’y aurait pas d’astronautes aujourd’hui !!! Donc moi, c’est ça que je voudrais même si je sais que c’est dur… je ferais tout de sorte que cela se fasse !

August 28, 2006

BOIGONTIER MARYSE - RETRAITEE DE L'EDUCATION NATIONALE - 66 ANS

Maryse_boisgontier

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

5h et demie. Je me lève naturellement mais je m'aide quand même du réveil pour avoir un repère. En cette saison c'est le seul moment où l'on puisse travailler à la vigne. Je me lève, je m'habille en tenue de travail extérieur, et je déjeune. Il y aussi les petites tâches courantes: je donne à manger au chien, en cette saison, j'ouvre les fenêtres pour que l'air frais entre un peu, et puis je vais travailler… Je suis retraitée, mais j'ai la charge d'une exploitation viticole de 6 hectares et demi que je suis obligée de travailler toute seule. Je m'organise donc pour faire le maximum de travail… donc je travaille très tôt le matin !!

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

J'espère que ça va durer mais j'ai encore le ressort qui fait que j'ai tellement de choses à faire qu'il faut y aller! Sinon la journée ne sera pas suffisante. Je dis le ressort, ce qui ne veut pas toujours dire le courage ! Mais c'est sûr que j'ai envie de faire des choses, et comme j'en ai énormément à faire!... Sur le nombre il y en a qui me passionne, en particulier la viticulture, donc je me lève vraiment de bon cœur !!

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Je voudrais me garder un peu des abstractions comme l'amour de la vie, mais je crois quand même que c'est un peu ça ! Pour moi ce qui compte, maintenant que les années s'accumulent, c'est de rendre compte de tout ce que j'ai connu, de tout ce que j'ai vécu, du sens que l'époque a donné à ce que j'ai traversé, et le désir que cela ne se perde pas, parce que je vois que l'on est dans un monde qui a sûrement des richesses et des surprises à donner, mais qui est en train d'uniformiser une quantité de choses. Par exemple, ce qui m'importe, ce qui est vraiment mon urgence, c'est de rendre compte du sens – c'est un mot à la mode que je n'aime pas mais bon– de l'histoire des maisons, des cultures, des gens qui ont vécus de cette façon-là, un temps plus ancien, avec les limites qu'imposait l'époque, et les limites des personnes forcément, mais on sent que c'est une richesse qui est train de se perdre… C'est banal mais ce n'est pas du passé. Voyez, il y a une chose qui m'a toujours beaucoup frappée, dans le film de Ermanno Olmi, ce metteur en scène italien, L'arbre aux sabots, qui racontait la vie dans une région d'Italie. C'est un film qui était dans le dialecte de cette région, donc il a essayé de rendre compte de ce qui existait jusque dans les mots qui exprimaient cette chose. Les langues pour moi c'est très important, et donc dans L'arbre aux sabots, je ne sais pas si c'est dans le film ou dans le commentaire que faisait Ermanno Olmi, il disait: "Ce que je fais n'est pas du passéisme, je vais vous raconter comment faisaient des ouvriers qui creusaient un tunnel : il y avait une équipe à chaque bout, et ils devaient forcément un jour se rencontrer pour finir le tunnel. Lorsqu'ils travaillaient, pour savoir s'ils étaient dans la bonne direction, la bonne courbe, ou la bonne droite, ils se retournaient. C'est à dire qu'ils regardaient le travail qu'ils avaient fait pour savoir dans quelle direction ils devaient aller." C'est une image qui m'a beaucoup frappée et que je crois vraie. Je crois que le passé nous donne des indications, peut être des choses à éliminer aussi, mais tout à coup se sentir orphelin d'un passé me parait invraisemblable. C'est un peu pour ça peut être que j'ai voulu enseigner même si ça n'a pas été une réussite! Mais enfin bon! C'est essayer de donner vraiment, de raconter, de décrire ce qu'est le monde dans lequel j'ai vécu et ont vécu les gens qui m'ont précédé.

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Je crois que c'est une certaine joie. Les gens que j'aime bien sûr qui m'aident, qui me donnent le courage d'être là pour eux, et puis aussi l'émerveillement devant toutes ces choses que j'ai autour de moi, et tout ce que j'ai à faire aussi, tout le travail… Je crois que c’est ça. Debout, debout, vous savez je suis aussi une grande dormeuse! Il me faut aussi mon temps de sommeil, j'ai le goût du sommeil. L'émerveillement de tout ce que j'ai autour, c'est là où je vis. Je vis dans une combe qui n'est pas complètement fermée, il y a une route qui passe. C'est d'une part objectivement beau, comme la campagne lorsqu'elle n'est pas trop abîmée. C'est de la garrigue languedocienne, il y a des vignes, de la végétation méditerranéenne et puis c'est aussi cet espoir, qu'ici, on puisse faire des choses. Je ne sais pas qui sont les gens qui viendront après moi, mais c'est un patrimoine, donc en principe ce sont des gens de ma famille qui seront là… donc qu'ici, on puisse faire des choses qui échappent à l'uniformisation–c'est un mot un peu abstrait– je veux dire par là, qu'ici on peut peut-être échapper à toutes ces pensées, à toutes ces idées toutes faites qui s'imposent, échapper à la folie de la course à l'économie de rentabilité. C'est une chose que j'essaie de pratiquer dans ma culture de la vigne. Je n'ai qu'une vigne qui n'est pas lissée, c'est à dire qui est sur espalier, les autres sont de vieilles vignes, je ne cours pas après la production. Je suis en liaison avec des gens qui sont dans une ligne d'agriculture alternative. C’est échapper à la mondialisation économique ravageuse. La mondialisation économique est évidemment une réalité, mais en ce qu'elle a de ravageur. Je suis pour des idées alternatives sur ce plan-là. J'essaie de voir comment, dans cette combe, on peut peut-être échapper à la folie de dépense énergétique, essayer de trouver d'autres solutions. Comment on peut préserver des espèces qui sont en voie de disparition, je parle de la biodiversité de la flore méditerranéenne. Comment échapper à l'invasion de certaines plantes. Comment faire un lieu qui soit dans les normes futures, qu'on puisse vivre là sans des dépenses énergétiques folles et qu'on puisse vivre heureux. Heureux, c'est à dire à la fois isolé et avec une grande richesse relationnelle, parce que cela n'arrange personne de vivre tout seul comme un renard !

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

L'incertitude pour moi c'est vraiment ce qui me paralyse le plus. Quand je ne sais pas comment faire, quand je demande des conseils sachant que je ne pourrais pas les suivre. Ce à quoi j'aspire le plus c'est la clairvoyance. J'admire ces gens qui ont fait des choses, qui ont décidé. Et puis la clairvoyance, la décision, c'est aussi une nécessité lorsque l'on n'a pas d'argent de reste. Ce n'est pas commode de vivre sans argent de reste, mais c'est une bonne école, c'est une école de la réalité !

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Vous allez me mettre en contradiction avec ce que je viens de dire! Des sous, pour faire un toit qui est en train de s'écrouler ! Les contradictions de la vie !

July 31, 2006

ASTY NICOLAS - J'AI EU MON BAC S et JE PASSE en MATH SUP

Nicolas_asty

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

En général vers 7h, à peu près une heure avant d'aller en cours, parce que j'habite à 5 minutes de mon lycée. Selon les matins c'est plus ou moins dur ! J'ai un réveil à côté de moi, il sonne plusieurs fois et j'ai tendance à l'éteindre et à le rallumer non stop... A partir du moment où il sonne je mets un petit quart d'heure à me lever. Après c'est petit déjeuner, douche, je me lave les dents, je mets mes lentilles. Je fais mon sac et je pars pour le lycée !!!

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

J’y suis un peu obligé ! C'est un peu une obligation d'aller à l'école ! Cela ne me déplait pas tant que ça non plus… mais il faut y aller, alors je me lève en essayant de ne pas arriver trop en retard ! Sinon c'est parce que je n'ai plus sommeil, et que j'ai envie de faire quelque chose dans la journée et de ne pas perdre tout mon temps à dormir, même si j'aime bien dormir parfois, faire des grasses matinées ! J'aime occuper ma journée… voir des amis.

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Je vais un peu à l'aventure, je ne sais pas trop en fait… Ma motivation c'est surtout dans les relations amicales, familiales, amoureuses. J'aime bien le contact avec les gens. Le grand rêve serait de fonder une famille quelque chose comme ça mais pas dans une carrière…

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

J'aime bien la vie ! Je profite! Je suis jeune, je n'ai pas énormément d'obligations, je profite à fond! Je suis debout naturellement !

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

J'avais eu une période quand j'étais plus jeune, où j'étais toujours dans la même classe, en classe européenne, on était maintenu dans cette même classe, du collège à la seconde, et je ne la supportais plus du tout ! J'avais une période assez seul. Du coup, j'avais d'autres intérêts comme la lecture ou les maths... Sinon j'ai eu aussi une rupture amoureuse assez difficile. Je ne pensais qu'à ça, je n'avais rien envie de faire. J'étais sur une espèce de blocage, je ne pensais qu'à elle, et vu qu'on était dans la même classe c'était assez difficile…

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Etre heureux ! C'est tout ! Pour moi et les autres, qu'il n'y ait plus de problèmes dans le monde, dans mon entourage… Pas de divorce, pas de rupture, pas de problème d'argent ! Peace and love en gros !

July 24, 2006

LEMOINE HERVE - CONSERVATEUR DU PATRIMOINE - 44 ANS

Herve_lemoine

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Alors ça dépend. Evidemment, dans la semaine, comme tout le monde, je me lève plus tôt que le week-end. Dans la semaine, je me lève vers les 8 h, ce n’est pas trop tôt, j’ai de la chance… et puis le week-end je me réveille avec mon horaire naturel, qui est beaucoup plus tardif vers 10h, 11h ! Et ça fait une énorme différence ! Mon petit rituel ? Déjà je n’ai plus de réveil, c’est mon téléphone portable, comme tout le monde qui a envahi mon univers ! La première des choses, c’est déjà de réussir à te réveiller, premier challenge : pas évident ! C’est pour ça que je voudrais insister sur la différence entre le réveil naturel du week end et le non naturel de la semaine… ce dernier, est pour moi, une sorte de tragédie terrible, qui va se jouer en plusieurs actes. Alors le premier acte, c’est le réveil lui-même, le deuxième acte, c’est la douche, premier moment d’éveil de la conscience, le troisième acte ce sera… le thé ou le café, voire le thé ET le café… et le dénouement c’est quand j’arrive enfin à partir… voilà ! Mais en fait, il faut arriver à se lever ! Ce n’est pas un exercice facile, il y a des gens qui parviennent à se lever facilement, pour moi, ce n’est pas du tout ça ! Alors que le week-end en revanche, ça c’est un moment naturel fort agréable, un moment même où on ouvre un œil, on se retourne et on se dit, « Non, non, j’ai encore un petit peu de temps …» voilà l’énorme différence !!! Sinon, quand je pense aux choses qui peuvent m’aider à me lever… Je fais partie des gens qui sont plutôt heureux de ce qu’ils font… j’aime bien mon travail, donc je suis content d’aller travailler, ce n’est pas un obstacle, l’aspect tragique du réveil ne tient pas à ce que je vais faire dans la journée, c’est juste que ça ne correspond absolument pas à ma nature. Ma nature ce serait de dormir tout le temps, pas de me réveiller !

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

Parce que j’ai mon téléphone portable qui sonne, sinon je n’aurais aucune raison de me lever, je dormirais tout le temps, et je serais très heureux comme ça !!! Non… il y a aussi des choses à faire. On ne peut pas vivre uniquement en dormant et en rêvant, ça serait très végétatif ! Non je me lève pour être dans la vie réelle. Cette vie réelle, elle se passe dans la journée… et puis une nouvelle fois, j’aime bien mon travail, j’aime bien ce que je fais. Je suis plutôt sociable, et je sais de toute manière que, même une journée de travail signifie une journée où je vais rencontrer des gens, et à priori, je sais que je vais faire des choses intéressantes…Donc c’est vrai que c’est quelque chose qui me motive beaucoup et qui me donne le courage d’affronter cette dure réalité du matin ! Et puis il y a aussi des soirées, des dîners, des sorties, des lectures, et tout ce que l’on peut faire quand on est réveillé… chaque coté a des avantages ! Le sommeil c’est le repos, le rêve, une espèce de douceur… et la journée c’est immense, il y a de l’énergie, c’est le côté plus vivant et plus satisfaisant peut-être des choses… donc il faut avoir les deux. Sinon on doit s’endormir définitivement effectivement… (Rires)

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

L’argent, incontestablement… L’argent ! (Rires) Non, sinon j’aurais fait un autre métier je pense ! Ce qui me fait avancer… ce n’est pas évident… Je ne suis pas suffisamment croyant pour me dire que c’est par rapport à une idée du destin de l’homme comme une créature du Divin, et qu’il doit faire un chemin particulier pour révéler la parcelle du Divin qu’il a en lui, ce n’est certainement pas ça… Je ne pense pas être très bon pour ça. Je pense que je n’ai pas une carotte, je suis un petit animal, doté d’une intelligence au sens propre du terme, ce n’est pas une qualité particulière, mais voilà… Plutôt un petit animal doté de conscience, c’est pour ça que je me lève et que je fais des choses. Je crois que ça ne va pas tellement au delà finalement… Mon but dans la vie c’est à priori de regretter le moins de chose possible… donc au fond ce qui doit motiver beaucoup mon action c’est peut-être de me dire, « Essayons d’être conscient du présent, sans être dans le regret permanent de ce qui n’a pas été, ou ressentir du remord pour ce qui a été… être dans le présent et avoir jusqu’à la fin de ses jours la satisfaction de se dire que ce pour quoi on avait du goût, ce pour quoi on avait de l’attrait ou de l’affection, on a pu le faire, on a pu le vivre… ». C’est une banalité de le dire, mais on a à priori qu’une vie… Donc je me dis que les gens, quelque soit le moment, ont la possibilité, d’avoir une sorte de regard rétrospectif sur leur vie… Si on a le temps de se demander : « Qu’est ce que j’ai fait de ma vie ? » au moins, qu’on ait la satisfaction de se dire qu’on en a fait quelque chose de pas si mal… Et ce « pas si mal » ça peut être, les expériences vécues, les rencontres affectives, quelles soient amoureuses ou amicales… c’est aussi étancher sa soif de connaissance au sens le plus général du terme, pas uniquement apprendre des choses… Ca peut-être très contemplatif. Je suis plus contemplatif d’ailleurs qu’avide de connaissance, avec une intelligence très réflexive ou très discursive… Je suis plutôt instinctif. C’est pour ça que j’aime particulièrement la peinture… Je me complais dans ce rôle très contemplatif, j’ajouterais même en toute honnêteté, que ça me suffit d’une certaine façon… ça me nourrit suffisamment sans aller au delà… du coup il n’y a pas vraiment de carotte !

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Les anti-inflammatoires, ça c’est évident ! (Rires) Sinon le goût des choses, je pense… je me suis toujours dit que ça devait être épouvantable, terrible, terrifiant, les gens qui vont passer huit heures, dix heures de leur journée dans un travail qui leur déplait totalement, ou alors qui peut représenter pour eux une zone de non pensée, de non joie, de non plaisir, où il n’y a rien. Il y a énormément de boulots comme ça… A part, peut-être, des petites satisfactions, ou des moments détournés… La caissière de supermarché par exemple, peut avoir un déjeuner sympa avec ses copines, elle peut avoir un petit échange agréable avec un client ou une cliente… ou trois petits mots… ce sera suffisant pour lui donner la pêche… Et d’un autre côté, c’est vrai que ça doit être difficile parfois de trouver un intérêt aux choses, quand on a une activité, quand même prenante, et qui ne vous apporte pas forcément de satisfaction. Je parle de la caissière, mais ça peut être aussi bien, le cadre bancaire qui doit s’emmerder royalement… Il y a toujours quelque chose qui m’horrifie totalement : Par exemple, si vous demandez à des gens un lundi si ça va, et qu’ils vous répondent « Comme un lundi ! » ce qui signifie en d’autres termes « Oh bof, vivement vendredi ! » Même si c’est plus une forme de rhétorique qu’une réalité… ils ont quand même hâte d’être à la fin de la semaine ! Je me suis toujours dit que le jour où je penserai que ça va pour moi comme un lundi, il faudra vraiment que je fasse autre chose ! Ca, pour moi, ce n’est pas possible. Il faudra trouver une solution !!! (Rires)

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

En fait paradoxalement, derrière le côté désorganisé apparent que je peux donner, j’aime bien contrôler les choses… mais parfois, il y a de petites choses qui peuvent prendre une dimension obsessionnelle chez moi et m’empêcher toute action. Ca me laisse totalement au dépourvu… et je peux avoir les jambes coupées au sens propre du terme, c’est à dire à ne pas savoir comment franchir l’obstacle… ça peut être un petit détail quasiment de la vie quotidienne, où quelque chose qui ne se passe pas comme je l’espérais, ou voire une frustration … la conséquence ? Me mettre dans une situation d’échec et d’incapacité à agir après, parce que je vais rester à ruminer le fait que j’aurais pu faire ça, et que j’aurais dû faire ça, et que je ne l’ai pas fait ! Je vais arriver comme un cheval devant l’obstacle, et je n’arriverai plus à le passer… J’ai un côté très obsessionnel par rapport aux choses. Pour les bonnes comme pour les mauvaises, je peux les ressasser énormément. Quand ce sont des bonnes, ça ne m’empêche pas moi d’agir et de bouger, et quand ce sont de mauvaises choses dans lesquelles j’ai un sentiment d’échec, ça va me bloquer et il faudra que j’arrive à le dépasser, ce qui n’est pas évident…encore une fois, ce ne sont pas tant les situations qui sont objectivement les plus inhibantes ou les plus difficiles… J’ai été amené dans ma vie, comme tout le monde, à supporter des coups durs. J’ai perdu des parents, des proches, comme tout le monde… et j’ai surmonté. Je sais que je ne suis pas quelqu’un sans ressources, sans ressorts… enfin, en tout cas par rapport à des situations de la vie d’homme qui nous impose des deuils, des séparations, des moments vraiment difficiles… en revanche, un petit élément secondaire, pourra avoir des conséquences totalement disproportionnées et effectivement me donner des difficultés en terme de dépassement ! Alors qu’en soi c’est purement anecdotique !?

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Je voudrais être très altruiste et faire quelque chose pour les autres, mais bon je vais être plus réaliste ! Je vais être plus égoïste, donc si c’était pour moi, s’il y avait un souhait, un vrai souhait à réaliser, ce serait… peut-être une belle mort, où je pourrais avoir un tout petit peu de conscience, juste avant de la perdre définitivement, de ce que ma vie a pu être et d’en être relativement heureux… Ce doit être extraordinaire de quitter ce premier séjour sur terre, en nous disant que finalement on ne regrette rien, que l’on est heureux de ce que l’on a vécu, que grosso modo on peut partir avec un sentiment de satiété… Voilà si je pouvais partir comme ça ce serait bien ! Tu vois ce qu’il te reste à faire en tant que fée… plus grand-chose, et moi je m’occupe de tout le reste ! (Rires)

July 17, 2006

CANNONE BELINDA - ECRIVAIN

Belinda_cannone

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Je me lève plutôt entre 8h30 et 9h30, jamais avant parce que je suis insomniaque, je m’endors très difficilement donc je ne me lève pas très tôt… bien que j’adore me lever, c’est toujours un grand moment pour moi… Mais il ne faut jamais que me soit imposée une heure de lever, parce que ça m’empêcherait de m’endormir… c’est ça mon problème d’insomniaque, il ne faut surtout pas que j’aie un horaire précis et donc, je me lève entre 8h30 et 9h30, en fonction de mon heure d’endormissement. Plus les années passent et plus je mets de temps à émerger, avant j’ouvrais les yeux et hop, je plongeais hors du lit tandis que maintenant je traîne un moment au lit, 10 minutes, un quart d’heure, ça dépend de l’état de fatigue. Ensuite quand je me lève, j’ai très faim, j’ai toujours envie d’aller manger, je me coiffe, vous voyez j’ai de longs cheveux, il faut que je les brosse pour être présentable et puis je vais manger… et vraiment j’aime follement ce moment de la journée…

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

Je me lève toujours pour aller écrire, enfin la plupart du temps, à moins que j’aie une contrainte autre, évidemment j’en ai aussi, mais sinon c’est pour aller écrire, souvent d’ailleurs, en réalité, je déjeune en écrivant, devant mon ordinateur… et je bois beaucoup de thé … Je pense… enfin j’en suis sûre, que je me lève pour écrire. J’aurais pu me lever pour aller faire un 8000 mètres, un sommet à 8000 mètres… mais il se trouve que je ne suis pas alpiniste, je le regrette… j’aurais pu l’être, et dans ce cas je me serais levée pour aller faire mon sommet…

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Écrire… Écrire… Écrire… J’écris des romans et des essais… Surtout des romans, c’est pour ça que je me lève… car en réalité, je suis surtout une romancière. Depuis que j’écris, que je publie, ce sont d’abord les romans qui me passionnent… Mais il se trouve que ces dernières années, j’avais aussi des choses à dire qui n’entraient pas exactement dans la catégorie du roman, plutôt dans celle de l’essai qui est aussi un genre très libre… Je me suis donc mise à écrire aussi des essais, et j’y ai pris goût… quand j’ai commencé, le premier essai littéraire s’intitulait L’écriture du désir, on me l’avait commandé, c’est-à-dire qu’une amie éditrice voulait que je l’écrive… ensemble on parlait beaucoup du désir… souvent du bonheur… Il fallait que je réfléchisse là-dessus et donc un jour elle m’a proposé d’écrire un livre sur ce sujet… Comme ça faisait 10 ans que j’écrivais des romans, j’en ai profité pour faire une sorte de bilan et parler du désir et de l’écriture, parce que chez moi, ils sont intimement liés, c’est le même mouvement… c’est ce que j’ai écrit d’ailleurs : c’est le même mouvement qui me fait lever du lit dans la joie de l’éveil et de la vie, et qui me fait également écrire. Donc voilà, je voulais mettre ça en mots, le dire comme je le dis là et pas forcément le métaphoriser à travers un roman, je voulais dire la chose comme ça ! je trouve que c’est mystérieux et émerveillant que nous soyons ces êtres de désir, ce qui explique que nous nous levions… tout à l’heure, je vous disais que j’étais toujours très heureuse de me lever, mais il y a vraiment des jours qui ne sont pas du tout intéressants, il y a des jours vraiment sinistres, où on n’a que des missions impossibles à accomplir ou en tout cas des tâches ingrates, et pourtant on est content de se lever au fond, d’ailleurs, on ne se lèverait pas sinon… On se lève, on est assez content, on est globalement content, même si ce jour est un sale jour et ça, c’est vraiment mystérieux. Evidemment, les jours où on se lève pour aller danser, se baigner, ou je ne sais quoi… ou voir des amis chers, on comprend mieux qu’on ait envie de se lever, mais on se lève aussi pour des choses ingrates, et ça m’a paru toujours tellement mystérieux ça, sentir en soi ce désir. Surtout que j’ai toujours eu le fantasme – ou la confiance, je ne sais pas ce qu’il faudrait dire – que ça pourrait n’être pas… qu’on pourrait n’avoir pas ce désir, et c’est pourquoi il m’a toujours paru vraiment miraculeux… Et explorer les miracles, ça me plaît bien… Mon prochain roman, celui qui sort fin août, s’intitule L’homme qui jeûne, et c’est précisément l’expérience d’un homme qui un matin décide de ne pas se lever, et de ne pas manger, de ne plus manger… donc il se met à l’écart du désir, il se met en retrait du désir ou en tout cas… constate qu’il n’y a plus assez de désir… Il va donc traverser un très long jeûne… il explore ça, justement ce moment où on dit non, non à la vie, non au désir, non à l’humanité en soi, juste pour dire non, pour arrêter la machine. Dans la littérature, il y a quelques personnages qui incarnent le « non », il y a Oblomov… Dans ce roman qui s’intitule Oblomov, le personnage reste dans sa chambre, n’en sort jamais et les gens viennent lui rendre visite, mais lui reste allongé toute la journée sans jamais bouger, ça a donné presque un nom commun, l’oblomovisme, qui est le fait de ne pas se lever. C’est un roman russe du milieu du XIXème siècle, absolument extraordinaire, d’un auteur qui s’appelle Gontcharov. Il y a un autre grand roman… Il y en a plusieurs, mais un deuxième très grand aussi, une nouvelle plutôt, de l’auteur américain Melville, s’intitule Bartelby, du milieu du XIXème aussi. Bartelby c’est un homme qui dit : « je préfèrerais pas », et à tout ce qu’on lui demande il répond, « je préfèrerais pas ». Et il va aller jusqu’à la mort, comme ça, « je préfèrerais pas »… voilà deux grands héros du « non », et mon personnage est dans cette filiation, c’est-à-dire qu’à un moment donné, « il préfèrerait pas »… pour tout. Bon, c’est plus actif l’homme qui jeûne, parce que c’est une vraie violence de jeûner… je pense que ce n’est pas juste « qu’on préfère pas », c’est plutôt qu’on oppose un « non » presque guerrier à la vie. Par là j’ai essayé d’explorer cette tentation qu’on a parfois à moment donné d’arrêter, de ne pas jouer le jeu, de ne pas jouer le jeu du monde et de ne pas jouer le jeu de la vie…

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Mais justement c’est ça le grand mystère, la boule d’énergie que je suis (comme d’autres du reste)… ce principe actif qui s’appelle le désir et qui fait qu’on se maintient… d’ailleurs, un des romans que j’ai écrit, le troisième, portait uniquement sur le désir et plus précisément sur le désir érotique. Je donnais vie à un personnage de papier, un personnage romanesque, qui prenait corps et existait pendant trois nuits, il s’intitulait Trois nuits d’un personnage. Pendant ces nuits, son auteur dormait, et ce qui le faisait arriver à l’existence c’était son désir des femmes… et donc il rencontrait des femmes, toutes bienveillantes et toutes consentantes… (rire) elles étaient des bonnes pâtes… Bref, j’avais vraiment exploré le désir dans sa version la plus aiguë, c’est-à-dire le désir érotique, qui au fond n’est qu’une des formes du désir de vivre, mais poussé à une incandescence. Du coup, dans le quatrième roman, j’ai exploré cette fois la dernière journée d’une dame de 104 ans. Elle va mourir à la fin de la journée, de mort naturelle, elle est plutôt gaie… c’est un peu un roman d’anticipation… Là, la question c’était : qu’est-ce qui peut bien arriver avec le désir quand on a 104 ans ? Qu’est-ce qu’on en a fait ? Comment on peut mourir alors qu’on a eu ce désir énorme ? Le roman s’appelle Lent delta… comme le delta d’un fleuve… J’y fais cette hypothèse que, le temps passant, le flot, le flux du désir finit par se diluer, par rentrer dans cette sorte de delta, par rentrer dans la mer, par se diluer dans la mer et mourir… au fond, mourir, c’est avoir épuisé cette masse de désir qui nous a mue pendant toute notre vie… Vous voyez, c’était encore mon sujet, c’est vraiment mon sujet… J’ai essayé d’explorer toutes les formes, toutes les façons du désir, à tous les moments de l’existence.

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

Ça fait un peu mièvre et fleur bleue, mais je crois que la seule chose qui peut me couper les jambes, c’est l’amour, l’amour perdu… que je le perde ou qu’on me l’enlève, peu importe… le fait de sortir de l’amour, ça a un effet ravageur sur moi… je crois que c’est la seule chose qui peut me couper les jambes… pour le reste, j’ai de l’énergie à revendre.

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Ecoutez, il n’y pas très longtemps, je vous aurais répondu que je voulais vivre 104 ans, maintenant ça me hante moins cette idée de durée, peut-être parce que j’ai déjà épuisé un peu de désir. Je ne peux pas vous répondre, car en moi il y a la croyance qu’on ne peut pas me donner quelque chose, que je ne peux que m’activer pour l’obtenir, vous voyez ? mais ça fait partie du plaisir d’être en vie sans doute, du plaisir de faire… c’est une drôle de question que vous me posez là, elle est intéressante, parce qu’évidemment on veut tous avoir quelque chose, mais moi, ce que je veux ne peut s’obtenir qu’en oeuvrant pour… Alors je ne sais pas quoi vous répondre, parce que je me rends compte aussi que ça me plaît d’avoir à œuvrer pour… Ce que je voudrais, c’est qu’on me lise bien, c’est-à-dire qu’on lise ce que j’ai voulu dire (au moins). Si vous étiez une fée, je voudrais que vous me rendiez capable d’écrire ce que je pense vraiment (même si « penser » n’est pas le mot exact pour un roman), et que ce soit compris ainsi….

July 10, 2006

VAN DOORNE ANTOINE - DECORATEUR D'INTERIEUR - 45 ANS

Antoine_vam_doorme

A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?

Je me lève en règle générale assez tôt entre 7h et 8h30 du matin… 7h l’été et 8h30 l’hiver, pourquoi, je ne sais pas c’est comme ça… (Rire) très tôt l’été et beaucoup moins l’hiver, et en pleine forme… joyeux… Joueur ! Je me réveille naturellement, je me dis le soir que je dois me lever à telle heure, et je me réveille tout seul… Je me conditionne ! J’ai deux rituels, celui de Marrakech, et celui de Paris, le premier donc, la matinée commence tôt… dès que je me lève, je prends mon petit déjeuner et comme j’ai pas mal d’employés chez moi, je convoque tout le personnel et on attaque le programme de la journée, l’organisation… voir les chevaux, voir le jardin, la piscine, la maison, ça dure à peu près une heure et demie tous les matins avant de partir travailler. Ce n’est pas particulièrement excitant, mais cela dit, c’est tout de même plus agréable que de faire tout ça soi-même, il vaut mieux prendre une heure et demie pour une maison qui fonctionne, plutôt que de tout se taper soi-même ! À Paris, c’est que moi et moi, et ne rien faire ! Mon rituel c’est de me mettre sur Internet, lire mes mails, enfin des choses de tout le monde quoi !

Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?

Parce que je n’aime pas me coucher, c’est une bonne raison de se lever ! Je n’aime pas la nuit, je n’aime pas forcément dormir … Je suis très heureux de me lever le matin… Pourquoi ne pas avoir envie de se lever ?? Pour traîner au lit ? Pourquoi j’aime quitter le lit ? Parce que j’ai envie de faire plein de choses, je suis en hyperactivité, dès que je me réveille, je n’ai qu’une envie, c’est d’attaquer !

Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?

Qu’est ce qui me fait avancer ?… C’est une bonne question… qu’est ce qui me fait avancer ?... C’est difficile d’y répondre, comme ça, spontanément… Ça demande peut-être une réflexion et un peu de recul pour aboutir à une réponse honnête… Comme ça je dirais… Qu’est-ce qui me fait avancer… (Rire)… C’est une question effrayante ! Tout le monde trébuche sur cette question ??? Ce qui me fait avancer… Je dirais que c’est un certain équilibre que j’ai en moi, une certaine joie de vivre et… ensuite ce qui me fait avancer c’est tout ce que je vais réaliser, tout ce que je fais dans ma vie professionnelle dans laquelle je m’épanouis énormément… C’est un côté artistique… c’est ce que j’ai envie de réussir dans ma vie… mais ce que j’ai envie de réussir aujourd’hui, n’est pas forcément ce que j’ai envie de réussir pour demain… La première chose que j’ai envie de réussir dans ma vie, c’est mon épanouissement personnel… C’est de me construire, d’avancer de progresser, et surtout d’être en harmonie avec moi-même… pour pouvoir l’être avec les autres. De toute façon je crois qu’il y a plusieurs phases dans la vie, actuellement je suis dans une phase créative, peut-être serai-je dans une prochaine vie dans une phase plus intellectuelle ou peut-être… plus… comment dire, pas mystique… mais plus spirituelle. Je crois qu’on a plusieurs vie. Actuellement ma vie est créative, elle ne l’a pas toujours été, elle ne l’était pas avant, et ensuite, elle sera faite d’autres choses… Voilà, c’est ça aussi avancer dans la vie… C’est savoir s’adapter à ses besoins, savoir se remettre en question, savoir changer d’horizon et partir vers autre chose… aussi bien dans un monde professionnel que dans un lieu géographique… ou dans une vie affective s’il le faut ! J’adore l’aventure et j’adore l’inattendu, j’ai horreur de tout ce qu’il y a autour de calculer, préparer… Les vacances programmées six mois à l’avance, ça c’est pas possible !!! J’aime les choses qui se présentent, rentrer et vivre ces choses là… l’aventure c’est une chose importante ! (Le portable d’Antoine sonne)… (Rires)… (Le portable résonne encore Bip…)… Mais ce n’est possible je l’ai éteint quatre fois… (rires) Donc Je déteste la routine, je déteste les choses répétées du quotidien, je ne supporterais pas vivre constamment dans le même endroit dans un même pays dans une même ville… et puis j’aime bien les sensations… Je suis un jouisseur dans la vie, donc… on n’est pas tous des jouisseurs… Il y a plusieurs catégories… Il y a des gens qui sont en équilibre, il y a des gens qui sont dans le plaisir… et d’autres dans la jouissance, moi je suis dans la jouissance. Quand on est dans cette catégorie on a besoin d’émotions fortes, aussi bien professionnellement que personnellement… Que ce soit dans mes loisirs… il faut que ce soit fort, c’est pour ça que je fais de la décoration, même dans ma déco il y a de la folie…! J’ai eu plusieurs vies et je vais en avoir beaucoup d’autres encore… aujourd’hui je fais de la décoration d’intérieure, je suis absolument sûr que dans 3 ans, 2 ans, 6 mois, 5 ans… je ferai autre chose… peut-être des livres… Je ne sais pas… autre chose, et puis il y a un temps pour la sagesse, mais ça !... Je ne suis pas encore sage ! J’aspire à la sagesse… mais pas encore !

Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?

Pourquoi trébucher ? Qu’est ce qui pourrait me faire trébucher ? J’aime la vie, j’ai une soif de vivre, j’ai une joie de vivre et j’aime profondément la vie ! Même si parfois elle est difficile, même si parfois elle est douloureuse… même si elle est pleine d’obstacles, il y a des jours, c’est vrai, c’est difficile…mais j’aime suffisamment la vie pour avoir envie de rester debout ! Et avoir envie de galoper !

Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?

Aujourd’hui j’ai le sentiment que rien ne peut me couper les jambes, d’abord parce que j’ai vécu beaucoup d’épreuves, de choses difficiles… Bon peut-être pas difficiles pour certains et difficiles pour d’autres… mais à chacun ses souffrances… j’ai des traumatismes d’enfance qui peuvent paraître stupides pour certaines personnes, et qui pourtant sont réellement pour moi des traumatismes… Mes parents ont divorcé… pour moi, ça a été un traumatisme énorme… En psycho ça ressort énormément et même aujourd’hui, c’est quelque chose que j’ai du mal à accepter… Ça peut paraître idiot au regard des souffrances qu’il y a sur la terre… mais il reste tout de même un traumatisme, avec de grandes souffrances… mais pourtant je n’ai pas vécu de guerre, je n’ai pas été battu, je n’ai pas vécu des choses beaucoup plus douloureuses… Mais bizarrement avec mes souffrances, je me sens assez armé… assez fort ! Parce que, justement, plus je vis de souffrances, plus je me bats… et plus ça me donne la rage de continuer !!! Il y a certainement des choses qui peuvent me couper les jambes, aujourd’hui, mais je ne sais pas lesquelles… je n’en vois pas ! J’ai vécu des choses particulièrement douloureuses ces trois dernières années, an Maroc, et ça ne m’a pas achevé… Ça ne m’a pas coupé les jambes ! Ça m’a fait pleurer dix minutes, mais ça m’a fait repartir avec la rage… Avec l’envie de hurler et de crier de dire « La vie est dure ! »… mais pas autre chose… De toute façon la vie est dure pour tout le monde… de façon différente… après c’est aussi une philosophie, une façon d’appréhender la vie… Une façon de voir, c’est une vision des choses. Pour chaque épreuve ou chaque difficulté, je n’ai jamais pleuré sur moi-même, je vais simplement me dire que la vie est dure, et que la vie est un lot d’épreuves pour tout le monde, et que c’est comme ça !

Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?

Peut-être, me rendre immortel ! Oui peut-être l’immortalité… Non ! L’immortalité ce serait peut-être triste finalement… Alors, faire que la vie passe un peu moins vite, qu’elle soit un peu plus longue, oui voilà ! Ca passe trop vite, j’ai envie de faire tellement de choses et je crois qu’une vie ne me suffirait pas, alors je demanderais à la fée de me refiler trois vies de plus… Inch Hallah !!!

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