A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?
Alors ça dépend. Evidemment, dans la semaine, comme tout le monde, je me lève plus tôt que le week-end. Dans la semaine, je me lève vers les 8 h, ce n’est pas trop tôt, j’ai de la chance… et puis le week-end je me réveille avec mon horaire naturel, qui est beaucoup plus tardif vers 10h, 11h ! Et ça fait une énorme différence ! Mon petit rituel ? Déjà je n’ai plus de réveil, c’est mon téléphone portable, comme tout le monde qui a envahi mon univers ! La première des choses, c’est déjà de réussir à te réveiller, premier challenge : pas évident ! C’est pour ça que je voudrais insister sur la différence entre le réveil naturel du week end et le non naturel de la semaine… ce dernier, est pour moi, une sorte de tragédie terrible, qui va se jouer en plusieurs actes. Alors le premier acte, c’est le réveil lui-même, le deuxième acte, c’est la douche, premier moment d’éveil de la conscience, le troisième acte ce sera… le thé ou le café, voire le thé ET le café… et le dénouement c’est quand j’arrive enfin à partir… voilà ! Mais en fait, il faut arriver à se lever ! Ce n’est pas un exercice facile, il y a des gens qui parviennent à se lever facilement, pour moi, ce n’est pas du tout ça ! Alors que le week-end en revanche, ça c’est un moment naturel fort agréable, un moment même où on ouvre un œil, on se retourne et on se dit, « Non, non, j’ai encore un petit peu de temps …» voilà l’énorme différence !!! Sinon, quand je pense aux choses qui peuvent m’aider à me lever… Je fais partie des gens qui sont plutôt heureux de ce qu’ils font… j’aime bien mon travail, donc je suis content d’aller travailler, ce n’est pas un obstacle, l’aspect tragique du réveil ne tient pas à ce que je vais faire dans la journée, c’est juste que ça ne correspond absolument pas à ma nature. Ma nature ce serait de dormir tout le temps, pas de me réveiller !
Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?
Parce que j’ai mon téléphone portable qui sonne, sinon je n’aurais aucune raison de me lever, je dormirais tout le temps, et je serais très heureux comme ça !!! Non… il y a aussi des choses à faire. On ne peut pas vivre uniquement en dormant et en rêvant, ça serait très végétatif ! Non je me lève pour être dans la vie réelle. Cette vie réelle, elle se passe dans la journée… et puis une nouvelle fois, j’aime bien mon travail, j’aime bien ce que je fais. Je suis plutôt sociable, et je sais de toute manière que, même une journée de travail signifie une journée où je vais rencontrer des gens, et à priori, je sais que je vais faire des choses intéressantes…Donc c’est vrai que c’est quelque chose qui me motive beaucoup et qui me donne le courage d’affronter cette dure réalité du matin ! Et puis il y a aussi des soirées, des dîners, des sorties, des lectures, et tout ce que l’on peut faire quand on est réveillé… chaque coté a des avantages ! Le sommeil c’est le repos, le rêve, une espèce de douceur… et la journée c’est immense, il y a de l’énergie, c’est le côté plus vivant et plus satisfaisant peut-être des choses… donc il faut avoir les deux. Sinon on doit s’endormir définitivement effectivement… (Rires)
Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?
L’argent, incontestablement… L’argent ! (Rires) Non, sinon j’aurais fait un autre métier je pense ! Ce qui me fait avancer… ce n’est pas évident… Je ne suis pas suffisamment croyant pour me dire que c’est par rapport à une idée du destin de l’homme comme une créature du Divin, et qu’il doit faire un chemin particulier pour révéler la parcelle du Divin qu’il a en lui, ce n’est certainement pas ça… Je ne pense pas être très bon pour ça. Je pense que je n’ai pas une carotte, je suis un petit animal, doté d’une intelligence au sens propre du terme, ce n’est pas une qualité particulière, mais voilà… Plutôt un petit animal doté de conscience, c’est pour ça que je me lève et que je fais des choses. Je crois que ça ne va pas tellement au delà finalement… Mon but dans la vie c’est à priori de regretter le moins de chose possible… donc au fond ce qui doit motiver beaucoup mon action c’est peut-être de me dire, « Essayons d’être conscient du présent, sans être dans le regret permanent de ce qui n’a pas été, ou ressentir du remord pour ce qui a été… être dans le présent et avoir jusqu’à la fin de ses jours la satisfaction de se dire que ce pour quoi on avait du goût, ce pour quoi on avait de l’attrait ou de l’affection, on a pu le faire, on a pu le vivre… ». C’est une banalité de le dire, mais on a à priori qu’une vie… Donc je me dis que les gens, quelque soit le moment, ont la possibilité, d’avoir une sorte de regard rétrospectif sur leur vie… Si on a le temps de se demander : « Qu’est ce que j’ai fait de ma vie ? » au moins, qu’on ait la satisfaction de se dire qu’on en a fait quelque chose de pas si mal… Et ce « pas si mal » ça peut être, les expériences vécues, les rencontres affectives, quelles soient amoureuses ou amicales… c’est aussi étancher sa soif de connaissance au sens le plus général du terme, pas uniquement apprendre des choses… Ca peut-être très contemplatif. Je suis plus contemplatif d’ailleurs qu’avide de connaissance, avec une intelligence très réflexive ou très discursive… Je suis plutôt instinctif. C’est pour ça que j’aime particulièrement la peinture… Je me complais dans ce rôle très contemplatif, j’ajouterais même en toute honnêteté, que ça me suffit d’une certaine façon… ça me nourrit suffisamment sans aller au delà… du coup il n’y a pas vraiment de carotte !
Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?
Les anti-inflammatoires, ça c’est évident ! (Rires) Sinon le goût des choses, je pense… je me suis toujours dit que ça devait être épouvantable, terrible, terrifiant, les gens qui vont passer huit heures, dix heures de leur journée dans un travail qui leur déplait totalement, ou alors qui peut représenter pour eux une zone de non pensée, de non joie, de non plaisir, où il n’y a rien. Il y a énormément de boulots comme ça… A part, peut-être, des petites satisfactions, ou des moments détournés… La caissière de supermarché par exemple, peut avoir un déjeuner sympa avec ses copines, elle peut avoir un petit échange agréable avec un client ou une cliente… ou trois petits mots… ce sera suffisant pour lui donner la pêche… Et d’un autre côté, c’est vrai que ça doit être difficile parfois de trouver un intérêt aux choses, quand on a une activité, quand même prenante, et qui ne vous apporte pas forcément de satisfaction. Je parle de la caissière, mais ça peut être aussi bien, le cadre bancaire qui doit s’emmerder royalement… Il y a toujours quelque chose qui m’horrifie totalement : Par exemple, si vous demandez à des gens un lundi si ça va, et qu’ils vous répondent « Comme un lundi ! » ce qui signifie en d’autres termes « Oh bof, vivement vendredi ! » Même si c’est plus une forme de rhétorique qu’une réalité… ils ont quand même hâte d’être à la fin de la semaine ! Je me suis toujours dit que le jour où je penserai que ça va pour moi comme un lundi, il faudra vraiment que je fasse autre chose ! Ca, pour moi, ce n’est pas possible. Il faudra trouver une solution !!! (Rires)
Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?
En fait paradoxalement, derrière le côté désorganisé apparent que je peux donner, j’aime bien contrôler les choses… mais parfois, il y a de petites choses qui peuvent prendre une dimension obsessionnelle chez moi et m’empêcher toute action. Ca me laisse totalement au dépourvu… et je peux avoir les jambes coupées au sens propre du terme, c’est à dire à ne pas savoir comment franchir l’obstacle… ça peut être un petit détail quasiment de la vie quotidienne, où quelque chose qui ne se passe pas comme je l’espérais, ou voire une frustration … la conséquence ? Me mettre dans une situation d’échec et d’incapacité à agir après, parce que je vais rester à ruminer le fait que j’aurais pu faire ça, et que j’aurais dû faire ça, et que je ne l’ai pas fait ! Je vais arriver comme un cheval devant l’obstacle, et je n’arriverai plus à le passer… J’ai un côté très obsessionnel par rapport aux choses. Pour les bonnes comme pour les mauvaises, je peux les ressasser énormément. Quand ce sont des bonnes, ça ne m’empêche pas moi d’agir et de bouger, et quand ce sont de mauvaises choses dans lesquelles j’ai un sentiment d’échec, ça va me bloquer et il faudra que j’arrive à le dépasser, ce qui n’est pas évident…encore une fois, ce ne sont pas tant les situations qui sont objectivement les plus inhibantes ou les plus difficiles… J’ai été amené dans ma vie, comme tout le monde, à supporter des coups durs. J’ai perdu des parents, des proches, comme tout le monde… et j’ai surmonté. Je sais que je ne suis pas quelqu’un sans ressources, sans ressorts… enfin, en tout cas par rapport à des situations de la vie d’homme qui nous impose des deuils, des séparations, des moments vraiment difficiles… en revanche, un petit élément secondaire, pourra avoir des conséquences totalement disproportionnées et effectivement me donner des difficultés en terme de dépassement ! Alors qu’en soi c’est purement anecdotique !?
Si j'étais une fée : Un souhait ? If I was a fairy : A wish ?
Je voudrais être très altruiste et faire quelque chose pour les autres, mais bon je vais être plus réaliste ! Je vais être plus égoïste, donc si c’était pour moi, s’il y avait un souhait, un vrai souhait à réaliser, ce serait… peut-être une belle mort, où je pourrais avoir un tout petit peu de conscience, juste avant de la perdre définitivement, de ce que ma vie a pu être et d’en être relativement heureux… Ce doit être extraordinaire de quitter ce premier séjour sur terre, en nous disant que finalement on ne regrette rien, que l’on est heureux de ce que l’on a vécu, que grosso modo on peut partir avec un sentiment de satiété… Voilà si je pouvais partir comme ça ce serait bien ! Tu vois ce qu’il te reste à faire en tant que fée… plus grand-chose, et moi je m’occupe de tout le reste ! (Rires)

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