A quelle heure et comment tu te lèves ? At what time and how do you get up in the morning?
Alors maintenant j’ai des réveils très différents. Les semaines où j’ai mes enfants je me lève tôt à 7h du matin et les semaines où je n’ai pas mes enfants je me lève un peu plus tard genre 8h - 8h30. Quand mon réveil sonne il me faut du temps, je ne suis pas du genre bondissant hors de mon lit, pas du tout ! A chaque fois je me dis : « Tu ferais bien de te lever parce qu’après tu ne vas pas avoir le temps pour le petit déjeuner, tu ne vas pas avoir le temps pour discuter un peu avec tes enfants, et prendre ton thé tranquille »… mais le vrai temps il est d’abord sous ma couette, au chaud Et je commence à regarder la journée, et je me dis : « J’ai ça ça et ça… » et quand ça s’empile trop je me dis : « Attends stop ! cool déjà ! . Voilà comment je me réveille à peu près le matin. En tout cas, généralement je suis de super bonne humeur avec l’envie d’attaquer ma journée ! Et puis après, mon grand souci, c’est d’aller voir si il fait beau. Il faut que j’aille tout de suite regarder par la fenêtre pour voir comment est le ciel … Est-ce qu’il va faire faire froid ? Est-ce que c’est plombé ? Est-ce qu’il y a du soleil ? Et en ce moment c’est génial parce qu’on entend les oiseaux qui chantent à nouveau !
Pourquoi tu te lèves ? Why do you get up ?
Pourquoi je me lève ? Déjà pour être là pour préparer les mômes… (Réflexion…) Mais bon, en évacuant les questions matérielles, comme préparer mes enfants et puis partir bosser, qu’est ce qui fait que je me lève ? Je me lève au moment où j’ai le sentiment d’être prête à être dans le mouvement, prête à être dans quelque chose de plus dynamique. ..Avec l’envie des choses que j’ai à faire. J’ai de la chance parce que je n’ai pas beaucoup de choses qui sont des contraintes, par exemple par rapport à mon boulot, ce n’est pas du tout une contrainte ! J’adore mon métier, j’adore l’ambiance au boulot, j‘adore tout ce qu’il y a à faire, et tout ce qu’il y a à inventer, parce qu’on est beaucoup dans cette dynamique là, et ça je trouve ça assez formidable ! Et puis ce qui me donne envie d’y aller c’est le coté, à la fois, je vois à peu près le déroulé de ma journée je sais ce qu’il y a, et en même temps je sais qu’il y aura d’autres choses qui vont se produire dans cette journée que je ne connais pas, que je ne maîtrise pas forcément, et qu’elles vont toujours trouver le temps de s’intercaler dans ces douze heures à venir qui sont déjà généralement bien remplies ! Donc il y a, à la fois, beaucoup de curiosité, d’envie d’aller voir, et puis d’envie de me sentir exister ! …
Quelle est ta carotte dans la vie ? What is your « carrot » in life?
Les gens ! Les gens que je rencontre. J’ai de la chance d’avoir toujours été très entourée. Je suis quelqu’un qui peut être assez solitaire dans le sens où j’ai besoin de mes moments à moi, de mes moments d’écriture où j’écris beaucoup pour moi. Ce sont des moments extrêmement importants de blancs, de calme. Mais la rencontre avec les autres quelle qu’elle soit, que ce soit autour d’un verre, que ce soit dans le boulot, les gens que j’interviewe…Je trouve que c’est toujours extrêmement riche, parce qu’on apprend toujours des choses sur l’autre, et de l’autre, et donc évidemment, on apprend toujours des choses sur soi même. Et moi je me rends compte au final, que parfois j’ai cette sensation que moi j’existe et qu’autour c’est un immense décor. Et quand on parle avec les gens, quand simplement on ouvre la porte, on s’aperçoit que les gens ont leur histoire, leurs propres palpitations ont leur propre existence, et aussi ce sentiment d’exister très fort. Et je trouve ça très contagieux et très riche parce que quelque part on est seul en soi à décider dans quel sens on va, et où on va… Et on s’aperçoit que les autres c’est pareil, et qu’on est quand même aussi tous ensemble, et qu’on a beaucoup à s’apporter ! Donc je crois qu’un de mes plus grand moteur, c’est ça ! …Pour moi les gens sont comme des livres, petit à petit on tourne les pages, on découvre, on rentre dans leur univers, dans leur perception, dans leurs mots, et la différence avec le livre c’est que le livre ne feuillette pas ! Parce que, peut-être que les gens que je rencontre me feuillette aussi comme ça ! On a foncièrement la même chose en face donc oui, c’est l’envie d’y aller, l’envie de découvrir et puis des gens il y en a par milliers donc sans fin !!!
Qu’est ce qui te maintient debout ? What keeps you standing ?
Qu’est ce qui me maintient debout tous les jours ? Spontanément je répondrais déjà mes enfants évidemment. Que ce soit d’ailleurs les semaines avec eux les semaines sans eux ils sont là en moi tout le temps. Oui beaucoup mes enfants. Qu’est ce qui me maintient en vie tous les jours ? C’est ce sentiment étrange qui est vraiment finalement indescriptible, ce sentiment d’exister, ce sentiment d’être en contact avec ce qui est au plus profond de moi-même. Parce que j’ai eu des moments difficiles comme beaucoup, traversé des épreuves difficiles. Et puis c’est quand on touche le fond qu’on remonte, qu’on en sort, qu’on en sort enrichi, plus lucide, avec plus d’humilité aussi je crois, par rapport à soi, ce qui est parfois un peu reposant ! D’arrêter de se juger sans cesse et de se dire, il faut faire ci il faut faire ça. De dire je fais ce que je peux …il y a toujours un axe central qui monte en haut vers le ciel, vers la lumière, et moi je le ressens chaque jour, je l’éprouve chaque jour même dans des moments difficiles, même dans des moments de doute très très fort, et ça, ça me fait tenir parce que parfois il y a des risques qu’on ose prendre,…Ca peut être tout bête… Voila au lieu de s’habiller comme ça, oser autrement en se disant que le regard des autres ce n’est pas grave parce que là quelque part je me fais du bien, et je me fais plaisir et c’est vraiment moi ! Mais le petit moi pas le moi moi moi moi, ce n’est pas du tout ça…Je crois qu’on a en nous cette force dans le sens positif qui fait qu’il y a un moment où on se redresse toujours et que le bon moment c’est quand on décide, quand on a envie de se redresser. Et oui, ça donne envie d’aller se confronter, d’aller peut être oser ou risquer des choses qui peuvent faire peur, de prendre des décisions, de changer de cap. Moi les racines ne sont peut être pas très très profondes, mais je constate qu’elles son toujours là ! Voila ça permet de tenir debout, ça permet d’avancer, et puis ça permet de grandir et de croître, et c’est toujours en simplicité… c’est juste là, bien au centre à l’intérieur c’est tout. Enfin moi déjà de le ressentir c’est un cadeau immense, c’est un cadeau extraordinaire !
Qu’est ce qui te laisse les jambes coupées ? What really get’s to you, what brings you down?
Qu’est ce qui puisse faire que tout d’un coup dans quelque chose je ne vais pas avancer ? Je vais rester bloquée, je vais rester impuissante ? Tournée comme ça elle est difficile la question, parce que moi j’ai toujours le sentiment qu’il y a toujours un moyen ou un autre d’avancer ou de comprendre. Finalement ce qui me rendrait impuissante, c’est ma mauvaise conscience. Dans le sens où par exemple il y a quelque chose que je ressens très fortement, c’est cette notion d’injustice. Je trouve ça scandaleux qu’aujourd’hui des gens n’aient pas de quoi assurer un confort minimum à leur famille. On est censé être la quatrième puissance mondiale et on a un seuil de pauvreté qui est quand même extrêmement impressionnant dans une indifférence générale. En même temps, ça me met très en colère, mais je ne bouge pas et je m’en veux beaucoup !!! Je ne fais rien parce que je ne sais pas par où commencer, parce que je ne sais pas quelle est la priorité des priorités, parce que j’ai l’impression que j’apporterais une goutte d’eau là où on aurait besoin de tonnes d’eau, parce que je me dis que je n’ai pas le temps, et finalement… qu’est ce qui me rend impuissante ? c’est mon égoïsme ! C’est mon envie de ne pas forcément être bousculée par des situations qui sont très difficiles, donc de me remettre en cause sur le confort que j’ai, la chance que j’ai, le fait que je partage peut-être beaucoup dans mes mots mais que dans l’action je le fais peut-être un peu moins. Je ne peux pas te dire ce qui me rend impuissante là dedans mais moi, je me sens très impuissante et ça me gène énormément, parce que quelque part il y quelque chose qui n’est pas en accord avec mes idées et ma façon de faire… donc je m’en veux beaucoup ! Qu’est ce qui me rend impuissante là dedans encore ? La peur de voir la souffrance ? La peur de me sentir impuissante ? Et donc plutôt que d’essayer de faire, je ne fais pas, peut être c’est peut être ça ! Je ne sais pas si je réponds à ta question mais je pense que c’est ça. C’est vraiment ça, et c’est quelque chose que je ressens souvent…C’est bien d’avoir des beaux discours des belles idées mais c’est vrai qu’à part trier mes poubelles et faire des choses comme ça, ce sont mes petits actes citoyens mais je me dis que… on dit toujours on ne naît pas citoyen on le devient… Oui, ça je serais capable d’expliquer ce qu’il faut faire pour être citoyen mais est ce que je le suis beaucoup ? Voilà alors je me dis qu’il faut partir des toutes petites choses... Un croissant qu’on donne un matin à un SDF des petites choses comme ça après tout, plutôt que de toujours essayer de faire des grandes… Mais moi je me sens quand même très impuissante et ça ne me plaît pas ! Ca ne me plaît pas mais apparemment ce n’est pas assez fort puisque ça ne me fait pas beaucoup bouger non plus !! Donc je ne sais pas ce qu’il va falloir comme levier, mais je pense qu’il va falloir que je le trouve un jour, il ça falloir que je le trouve !!!

solitaire mais bien entourée, ça me correspond tout à fait!!!
Posted by: cocole | March 23, 2006 at 11:53 AM